Le CBD agit-il comme un diurétique ?

Disponible légalement en France avec un taux de THC inférieur à 0,30 %, le CBD envahit le marché sous diverses formes : fleurs, huiles, tisanes, confiseries, crèmes, etc. Si cette molécule est issue du cannabis (chanvre), elle ne provoque pas d’effet euphorisant et ne fait pas planer. On lui prête d’ailleurs de nombreuses vertus, dont la relaxation, la réduction de l’anxiété et le soulagement des douleurs. Préparé en tisane en association avec d’autres plantes, l’élimination de l’eau est favorisée. Peut-on toutefois considérer que le CBD a une action diurétique ?

Qu’est-ce qu’un diurétique ?

Le terme “diurétique” désigne un produit contribuant à l’élimination de l’eau et du sodium par les voies urinaires. Sous son action, les reins produisent davantage d’urine favorisant ainsi le drainage. Certaines plantes telles que le pissenlit, l’hibiscus, les queues de cerise, le thé vert ou le café disposent d’une action diurétique sans forcément agir sur les reins.

 

Néanmoins, on trouve majoritairement des diurétiques sous la forme de médicaments accessibles sur prescription médicale. Ceux-ci impactent directement les fonctions rénales en participant à l’augmentation de la production d’urine. Ils sont utilisés pour traiter des affections cardiaques, certains troubles du foie et les glaucomes.

Qu’est-ce que le CBD et comment interagit-il avec l’organisme ?

CBD est le diminutif de cannabidiol. Il s’agit d’un cannabinoïde présent naturellement dans le chanvre, également connu sous le nom de cannabis. Cette plante en contient plus d’une centaine, dont le CBD, le CBN et le fameux THC réputé pour ses effets euphorisants. Ils agissent sur le système endocannabinoïde (ECS). Celui-ci comporte plusieurs récepteurs, dont le CB1 et le CB2, qui s’activent sous l’action des cannabinoïdes comme le CBD. Ces récepteurs sont présents dans le système nerveux central, mais également dans le système nerveux des organes périphériques tels que l’intestin.

 

En agissant sur les récepteurs cannabinoïdes, le CBD a des propriétés anti-inflammatoires, analgésiques et anxiolytiques. Son action dépend de nombreux facteurs, dont le mode d’absorption (voie orale, méthode sublinguale, inhalation, application topique) et la concentration en cannabidiol. En France, les produits à base de CBD ne doivent pas dépasser 0,30 % de THC. Ils n’engendrent donc pas d’état euphorique, “high” ou “stone”.

Le CBD est-il un diurétique ?

Dans l’Inde ancienne, le cannabis s’utilisait parfois à des fins diurétiques. Une étude de 2013 démontre d’ailleurs que les cannabinoïdes exogènes, et plus particulièrement le THC, ont des effets diurétiques chez les rats mâles et femelles (Diuretic effects of cannabinoids, janvier 2013). Il existe cependant très peu d’études à propos de l’impact du cannabidiol sur les reins et sur ses effets diurétiques.

 

À l’heure actuelle, la communauté scientifique ne considère pas le CBD comme un diurétique naturel. Vous pouvez néanmoins tenter de combiner les actions du CBD et de plantes diurétiques en infusion. Pour cela, il est possible d’utiliser des fleurs de CBD, de l’huile de CBD ou encore des tisanes toutes prêtes.

CBD et vessie : quel impact ?

Le système endocannabinoïde se retrouve également dans la vessie. Comme le cannabidiol interagit avec les récepteurs cannabinoïdes CB1 et CB2 du système ECS de la vessie, on pourrait penser qu’il offre un effet relaxant. C’est l’hypothèse que certains experts émettent. Une étude sur l’effet des cannabinoïdes (THC et CBD) pour le traitement de patients atteints de sclérose en plaques parue en 2017 révèle même des résultats positifs quant au soulagement de certains symptômes de l’hyperactivité vésicale et de l’incontinence.

 

Si l’action diurétique du CBD n’est pas prouvée, les recherches menées sur la vessie sont quant à elles particulièrement encourageantes. Des études complémentaires sont toutefois nécessaires pour confirmer toutes ces hypothèses.